De la performance, de la morale et du sport
Relevé dans le monde de ce week-end au sujet du Tour de France, une interview de Axel Kahn (Inserm – Institut Cochin) qui soulève la question des motivations liées à la performance – du dopâge et de la morale sous-jacente à ces sujets.
Parmi les motivations, bien sûr, celles liés à l’argent. Il évoque également le fait que l’argent ne serait pas forcément l’unique motivation, puisque le dopage se pratique dans le sport amateur.
A mon sens, il s’agit d’une seule et même question: le sportif amateur ayant pour modèle le sportif professionnel et ses performances qui sont dans ce système infernal des entraineurs, agents, sponsors etc..
C’est la question de la performance qui m’interpelle.
La notion de performance qui signale l’excellence des résultats est étroitement liée à celle de l’évolution, du progrés,et en ce sens, je crois que la performance est justement un des moteurs qui propulse et préside à l’évolution des hommes en général. Le fait de vouloir faire mieux et encore mieux est une bonne chose en soi. La performance est une stimulation pour le cerveau humain, il l’oblige à chercher, à créer. Les progrès dans les domaine scientifiques, dans le domaine de l’ingénierie industrielle, de la création et dans tous les autres domaines doivent beaucoup à cette notion de performance.
Oui il y a toujours des nostalgiques d’une époque auréolée et soi-disant bénie ou nous parcourions la terre en nous satisfaisant de cueillette et de chasse, sans électricité, etc. Pour ma part, je suis heureuse de pouvoir bénéficier de la sécurité sociale, de pouvoir soigner ma famille grâce à des personnes compétentes qui ont, à chaque fois, repoussé les limites de la connaissance, qui ont porté à des hauts niveaux d’exigence leur matière grise, leur ressources intellectuelles.
Si je dois choisir entre deux médecins, entre deux avocats ou de façon plus triviale entre deux ordinateurs – oui- c’est sûr, je choisis celui qui a les meilleurs résultats.
En fait le sujet important est: la performance au service de quel but, de quelles valeurs; en fait comme toute chose et comme toujours…
Se servir de la performance comme d’une idéologie et martyriser en son nom, que ce soit dans le sport ou dans l’entreprise, les corps et les esprits est une démarche immorale, puiqu’elle ne respecte pas l’homme. Et ce qui doit être nommé, relevé, ce n’est pas la performance, mais les valeurs qui servent cette idéologie et au service de quoi.
Autant il peut y avoir une jubilation à vouloir faire mieux en utilisant ses ressources, en croisant les informations, en développant son esprit de synthèse, en optimisant les mécanismes de fonctionnement humain; autant administrer des substances avec des effets secondaires sur la santé comme dans le sport ou terroriser, menacer et mettre sous pression dans l’entreprise des êtres humains qui craqueront physiquement ou moralement est à l’opposé du principe même de la performance durable. C’est alors une performance consommable, jetable, qui sacrifie des éléments en nombre sur de courtes durées et qui fait régresser ce que l’humanité a pu acquérir au fil du temps, puisqu’en fin de course passe la voiture balaie qui ramasse les “sacrifiés”
L’accompagnateur, le facilitateur,le coach professionnel, dans sa déontologie, dans son éthique personnelle, dans sa démarche humaniste, est bien un accompagnateur de la performance mais il est du coté de l’homme. Dans les entretiens préliminaires, il s’informe du contexte, des buts et des valeurs qui vont présider à la démarche d’accompagnement. Il sait reconnaître sans aucun doute, sans aucune hésitation, la performance qui fait grandir et la performance qui broie.
Ci-après, réflexion sur la performance aux journées de Valpré en 2007 et intervention du même Axel Kahn (Inserm – Institut Cochin), sur la performance et l’entreprise, cette fois-ci. C’est bien une question de valeurs, on vous le dit


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