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De la congruence, des parachutes dorés et de la motivation

De la congruence, des parachutes dorés et de la motivation

 

de la cohérencePetit retour sur des articles et débats ayant évoqué avec passion les parachutes dorés dont auraient bénéficiés certains dirigeants, alors même que leur entreprise était en difficulté, voire morte.

Si les sommes évoquées pour ces indemnités données à des dirigeants ayant failli ne sont pas de celles qui plombent les entreprises financièrement, elles impactent de façon dévastatrice les esprits des collaborateurs de l’entreprise et des diverses parties prenantes. Et plus généralement, elles posent au milieu du paysage, la grosse tâche de l’incongruence, celle qui attire l’œil et qui finit par prendre toute la place.

L’incongruence ou la congruence c’est bien le sujet qui fera toute la différence pour les personnes qui participent de prés ou de plus loin à la vie d’une entreprise. En cas d’incongruence, elles pourront prendre plus ou moins silencieusement des décisions la concernant. Ces décisions tourneront grosso modo autour de la motivation qu’elles auront à travailler dans cette entreprise, à donner plus ou moins de leur énergie et de leur temps, ou à consommer (du coté des clients) ce qui vient de cette entreprise.

Revenons quelques instants sur les bases : à l’opposé de l’incongruence, nous avons la cohérence, la congruence et de quoi s’agit-il ? 

Je suis congruent quand :

-je pense intimement quelque chose

- je le formule clairement

- j’ai l’expression non verbale qui colle avec ce que je dis ( expression du visage, ton de la voix, posture)

- j’ai le comportement et les actes qui vont avec ( par exemple : si je prône, les résultats, la performance, l’excellence – je me l’applique d’abord à moi-même)

- et enfin, dans le paysage qui m’entoure, on peut constater, tant au niveau de la culture que des réalisations, le reflet et les résultats qui sont conformes à cette pensée.

Simple et logique en apparence, beaucoup plus rare dans les faits. Cela nécessite d’avoir identifié ses propres valeurs, une tête bien faite, de la droiture ou éthique ; bref c’est ce que nous appelons : « être aligné ».

La cohérence fait appel à nos deux hémisphères cérébraux ; le gauche, pour la compréhension des mots, des textes et le droit pour ce qui est du ressort du langage non-verbal ( ce que je peux observer avec mes yeux) – or, il se trouve que le cerveau droit est une véritable « bête de décryptage ». Sans que nous en soyons conscients, il effectue à chaque instant des prouesses en termes de traitement analogique de l’image. Il est capable de détecter le moindre frémissement des muscles de notre visage, il le compare à la somme de toutes les images qu’il a déjà enregistrées et il sait la conclusion qu’il doit en tirer – vous savez c’est ce qu’on appelle l’intuition… c’est quand on « sent » une personne ou qu’on ne la « sent pas ». Bref le cerveau attache une attention toute particulière à la communication non verbale et c’est à ce niveau qu’il capte les messages que notre interlocuteur veut  faire passer.

-          Tourner le dos à quelqu’un est un message clair ; ne pas répondre à quelqu’un qui vous parle est un message clair (sauf si vous êtes vraiment sourd) ; dire des choses aimables avec un ton de voix mielleux ou moqueur, est un message clair…

Donc pour votre cerveau, l’affaire est fluide, congruente, si la somme des signaux captés va dans le même sens. Par contre, si un élément vient contredire les autres, cela veut dire que ce message ne dit pas la vérité ; tout simplement.

Si un dirigeant d’entreprise prône une culture, des valeurs, des règles et que dans les faits, dans la vie quotidienne, dans les réalisations, dans les interactions humaines, dans les actes, on ne retrouve pas ce qui est dit, ce qui est affiché, et si même certains éléments viennent contredire ce qui est écrit, alors la frustration et la démotivation s’insinuent progressivement.

Mais si le leader, celui qui a valeur de symbole, celui vers qui tous les regards sont tournés, celui qui impacte le tissu émotionnel de l’entreprise, si celui-là même, qui a failli,  pose ce geste si fort – de s’octroyer ce parachute- en contradiction avec tout ce qui est « bien pensé » et « bien dit »  et « bien écrit » et bien répété à la moindre occasion dans des interventions en interne ou en externe, ce geste qui consiste à faire passer au bout du compte un seul message : « il existe deux vérités, une pour vous et une pour moi – je vous ai bien eu. » Alors l’incongruence éclate et éclabousse, prend toute la place car elle met sur le devant de la scène et en “guest star” la mystification, elle bafoue le pacte entre les hommes sur lesquels se construisent les groupes, les communautés, les organisations, le collectif : le pacte de confiance.

A titre plus personnel et pour chacun d’entre nous, la congruence dans la vie quotidienne pointe le bout de son nez à chaque instant et nous soumet à l’épreuve ; c’est expliquer à son enfant qu’il doit se contrôler et ne pas taper sur un copain à l’école alors qu’il vous a déjà vu être violent(e) ; c’est dire ; tu peux compter sur moi et ne jamais être disponible si on nous le demande etc.…

Et nous sommes tous équipés d’un hémisphère cérébral droit athlétique et lui, il reçoit les messages cinq sur cinq.

 

 

Dirigeants, connaissez-vous le processus de contagion émotionnelle?

Dirigeants, connaissez-vous le processus de contagion émotionnelle?

leadership et émotionsAvez-vous remarqué que l’on utilise souvent cette expression : « le climat de l’entreprise ». Il y a des bons climats et des mauvais climats. Il existe même des climats primés pour leurs cieux cléments où il fait bon vivre et des climats vraiment toxiques où les employés ont tendance à la déprime et où le « turn over » est important.

Alors d’où vient ce « climat »? Eh bien figurez-vous, en grande partie du patron et de son « climat émotionnel » à lui. Selon la maturité de son comportement de communication avec ses collaborateurs, le dirigeant conduit les émotions dans une direction positive ou négative. Notons au passage, que l’individu transmet des signaux par le biais des hormones et que l’ensemble du langage non verbal couvre à lui seul 90% de la communication. Cela veut dire qu’une personne émet en permanence en direction de son entourage. L’entourage est très sensible à l’ensemble de ces signaux et le leader, le chef, de par sa position hiérarchique est bien plus particulièrement observé ; les regards sont tournés vers lui. C’est d’abord son équipe rapprochée qui subira la contagion et cette « soupe émotionnelle » se diffusera dans l’ensemble de l’entreprise.

Puisque nous parlons des atmosphères émotionnelles il est également important de savoir que les émotions négatives, les brutalités comportementales silencieuses ou bruyantes, affectent profondément le travail et détournent les esprits des véritables objectifs de l’entreprise et des taches à accomplir. Les collaborateurs sont alors bien plus préoccupés par les bruits de couloirs, par leur sécurité, par le fait de la jouer « perso », de se faire bien voir du patron etc… Les personnes vivant dans des milieux de stress, de tension, deviennent extrêmement distraits et ont une productivité nettement amoindrie. Il faut savoir également qu’il faut des heures à l’organisme d’une personne pour éliminer les hormones de stress.

Il existe différents profils de dirigeants ; les dirigeants peuvent passer d’un style à un autre en fonction du contexte ; certains profils sont très favorables à la vie de l’entreprise et des performances, d’autres nettement moins. Nous les passerons en revue dans le prochain billet.

Vos collaborateurs connaissent-ils bien leurs responsabilités ?

Vos collaborateurs connaissent-ils bien leurs responsabilités ?

responsabilité des dirigeantsLorsqu’un coach accompagne un collaborateur de l’entreprise, il se rend compte, une fois sur deux, que ce dernier ne cerne pas vraiment ce qui relève de sa responsabilité, ce qui relève de la responsabilité de ses collègues ou de son supérieur hiérarchique. Bien souvent, un éclaircissement s’impose. Le résultat sera toujours bénéfique car la nature ayant horreur du flou, une certaine pression s’installe sur les épaules de celui qui ne voit pas très clair.

Clarifier qui est responsable de quoi et les tâches qui en découlent est souvent un des premiers objectifs des entretiens de coaching.

Ouf ! d’un seul coup, tout le monde respire mieux !

Responsabilité signifie : je réponds de cette chose. La définition exacte de responsable est : « celui qui répond, qui est garant de quelque chose ou de quelqu’un ». Quand une personne prend un emploi, elle a deux niveaux de responsabilités. Des responsabilités qu’elle a choisi de prendre en exerçant un métier : par exemple un comptable, un ambulancier, une infirmière etc.. ont accepté d’obéir à une éthique professionnelle, définie par des règles bien précises. Ici l’affaire est claire. Il y aura un second niveau de responsabilités quand une entreprise précisément emploiera cette personne et attendra d’elle certaines responsabilités plus spécifiques à la vie de cette entreprise en particulier. Dans le cadre d’emplois plus généralistes, les niveaux de responsabilités définis par l’entreprise, par l’employeur, vont devoir être beaucoup plus clairs : voilà précisément ce que j’attends de vous dans ce rôle et voilà quelles sont vos responsabilités vis-à-vis de … (toutes les personnes qui auront une interaction avec ce rôle).

Quand nous décidons d’accepter un rôle, Nous endossons la panoplie des responsabilités qui vont avec et la première question que nous devons nous poser est la suivante : « En prenant ce rôle, de quoi précisément est ce que je me porte garant ? Je m’engage à répondre de quoi et à qui ? En effet, facile d’accepter les rôles et de laisser une partie des responsabilités enfouies dans un placard.

Dans les faits, nombre de responsabilités que chacun peut avoir ne sont écrites nulle part et que bien souvent elles n’ont jamais été énoncées. Ici se trouve l’origine de nombreux maux. Les contrats établis au moment de l’embauche ne sont pas toujours spécialement éloquents à ce sujet.

Qu’attend-on de nous précisément dans notre fonction ? Quelles sont mes responsabilités et envers qui ? Nous n’avons pas les mêmes responsabilités vis-à-vis de notre patron, vis-à-vis de nos clients, vis-à-vis de nos fournisseurs et vis à vis de nos collègues, de l’administration, de l’entreprise.

Chaque jour se lève et apporte son lot de situations qui vont interagir avec nos rôles et nos responsabilités. Donc les 2 questions fondamentales que nous devons nous poser sont :
- Suis-je bien conscient de mes responsabilités dans ce rôle ?
- Comment ai-je défini mes engagements, sur quels critères ?

Parmi les critères concernant les responsabilités, il y a d’abord les critères fondamentaux concernant les besoins concrets auxquels le rôle est censé répondre.
- Pour répondre à quels besoins ce rôle a t-il été créé ? Par exemple, le rôle d’un expert comptable répond à des besoins clairement définis qui ont pour finalité de garantir des comptes justes et fiables, selon une batterie de critères. Pour nombre de fonctions professionnelles, les besoins et les critères pour y répondre sont connus et répertoriés, pour d’autres, moins.
- Les autres critères sont d’ordre culturel. Ils dépendant de nos croyances et de nos valeurs. Ils décrivent de quelles façons nous allons répondre à ces besoins. Ils débouchent sur des règles du comment faire, comment mettre en application. Allons-nous être cohérents ? Je dis que mes responsabilités sont … et dans les faits, au quotidien, je n’y réponds pas ou je fais semblant d’y répondre, histoire de donner le change. Allons-nous être intègres ? En cours de route, je me laisse détourner par la paresse, par la peur, par la corruption, par l’égo.
Ici, se sont nos valeurs qui tiennent la barre, qui vont encadrer le fait que nous livrons ou pas la prestation concernant nos engagements et dans quelles conditions.
Donc, dans l’entreprise et à l’extérieur de l’entreprise, nous trouvons des personnes, chacune dans leur rôle respectif et elles ont des attentes.
Vos collaborateurs ont des attentes également vis-à-vis de vous, leur patron. Savent-ils précisément de quoi vous vous portez garant ?
Vous, votre entreprise et vos parties prenantes attendent également que chacun joue son rôle, soit à sa place et réponde de ses responsabilités. Il s’agit de la notion d’interdépendance qui est au cœur de la société et de son évolution. C’est le pacte de confiance. Et l’entreprise fonctionne bien quand cette notion est intégrée.

Décréter le temps de la prise de recul

Décréter le temps de la prise de recul

coaching dirigeant PMENombre de dirigeants de PME avancent « le nez dans le guidon ». D’un coté, de par la structure même de l’entreprise, ils ont de nombreuses actions à mener de front. D’un autre coté, leur tempérament les conduit bien souvent à croire qu’ils ont intérêt ( pour toutes sortes de raisons bonnes ou mauvaises) à faire eux-mêmes un certain nombre de tâches, s’ils veulent être sûrs du résultat.

Ils sont bien souvent dans une dynamique de l’urgence et de crise et s’ils prennent en compte la palette des rôles qu’ils jouent ou qu’ils se sont donnés en tant que chef d’entreprise, Il y a toujours un problème à résoudre quelque part. On peut même dire qu’ils passent 50% de leur temps à résoudre des problèmes et comme ils y passent trop de temps, ils sont absents sur certains aspects, moins urgents, mais surement déterminant quant à l’évolution et au développement de l’entreprise. Cela génère encore plus de problèmes, encore plus importants.

Le coté positif de cette attitude c’est qu’elle démontre la capacité d’adaptation extraordinaire qui caractérise bien souvent l’entrepreneur. Il comprend vite, il réagit vite et solutionne. Et l’entourage, les collaborateurs, les employés de saluer cette qualité qui démontre indiscutablement qu’il y a ici un chef capable. Et en effet, cette qualité est déterminante à certains moments de la vie de l’entreprise. Mais il en existe une autre tout aussi importante si l’on souhaite une entreprise durable.

Savoir prendre du recul pour apprendre à avoir une vue d’ensemble de son entreprise, prendre du temps pour observer, anticiper les directions à prendre, pour organiser un environnement de travail vraiment efficace et porteur.

L’utilisation de ce temps qu’il va falloir apprendre à dégager met souvent mal à l’aise l’entrepreneur qui a la sensation qu’il n’est plus dans l’action et qu’il a tellement de choses à faire qu’il ne peut se permettre de prendre ces instants de recul. Et pourtant, c’est certainement là qu’il sera le plus dans son rôle de celui qui « conduit et gère » ( leader et manager).

Et paradoxalement il s’apercevra qu’il a de moins en moins de problèmes parce qu’il se sera attaqué aux différentes causes de ces multiples problèmes en amont.

Cette prise de recul permet de se recentrer à différents moments et selon une certaine fréquence sur la vision, sur l’objectif, sur la mission de l’entreprise et sur sa stratégie et ses développements. Cette prise de recul permet également de définir et d’organiser les ressources adéquates autour d’un objectif clairement énoncé.

La question du coach: Sélectionnez deux ou trois problèmes que vous pourriez avoir actuellement. A votre avis quelles en sont les causes? (celles sur lesquelles vous avez-vous un pouvoir d’action). Que faudrait-il changer en amont pour que ce problème ne se reproduise plus?