Archive for the ‘L'intelligence émotionnelle au travail’ Category

De l’incivilite et de la violence silencieuse banalisees et generalisees

De l’incivilite et de la violence silencieuse banalisees et generalisees

La semaine dernière, il y avait à nouveau un débat sur les incivilités et la violence sur la France2. Intéressant le développement d’un des débateurs sur la généralisation du concept violence dans la société et sur ses causes. Un ancien ministre employait le terme de cocotte minute et je crois que cette expression s’applique aujourd’hui à nombre de personnes où qu’elles soient. Continue Reading

Mauvais rapports avec les autres = mauvais rapport avec soi-même

Mauvais rapports avec les autres = mauvais rapport avec soi-même

Sujet délicat… je vous rassure, il concerne nombre d’entre-nous à différents niveaux…

Les relations interpersonnelles sont compliquées. Sartre disait: l’enfer, c’est les autres”. En fait, il avait tort: l’enfer c’est chez soi.
La relation à l’autre est d’abord indispensable, car si certains peuvent s’en passer, à l’échelle de l’humanité il s’agit de notre survie et de notre évolution globale et personnelle. La relation à l’autre, les contacts sociaux stimulent nos neurones en permanence et l’on sait que la sociabilité est bénéfique pour l’Homme à tous les niveaux.
A titre personnel, la relation, quelle qu’elle soit, doit nous permettre d’avancer, de grandir, de mieux se connaître. Même si elle se révèle être une épreuve, bien gérée, elle se révélera alors une épreuve bénéfique. Continue Reading

La grande découverte de “notre continent” personnel

La grande découverte de “notre continent” personnel

” L’étendue de nos pensées et de nos actes est limitée par ce que nous ne parvenons pas à remarquer” R.D Laing

Un peu de “Fantasy” en cette période propice à l’imagination.

Projetons-nous, imaginons-nous en citoyen du monde lambda en l’an 1009 ( pour faire compte rond). Ce citoyen vit dans un monde plus étroit que celui d’aujourd’hui. Il pense que la terre s’arrête à la ligne d’horizon, il subit nombre d’éléments naturels qu’il ne comprend pas, il ne sait pas que les ondes existent, il ne connait pas les lois de la physique.. etc.. Continue Reading

Apprendre à se contrôler

Apprendre à se contrôler

émotionsUn état interne ( j’ai pas le moral) fait appel à des représentations internes spécifiques ( des images qui reprennent en boucle tout ce qui ne marche pas en ce moment pour vous), génère un comportement ( je suis particulièrement désagréable avec tout le monde), influence des décisions ( j’en ai marre de ce travail, je vais le quitter), des actions ( je claque la porte).

Si en ces périodes de début d’hiver, de crise etc… vous êtes plus particulièrement irritable ou irrité ou mécontent ou démotivé et triste, sachez que ces états sont alimenté par une succession d’images internes que vous ressassez.

Du coup, votre perception des diverses situations que vous rencontrez au jour le jour passe par ces filtres de pensées internes et des filtres émotifs uniquement en correspondance avec cet état interne qui s’est installé.

C’est alors avec cette vue négative des choses que vous allez interpréter les situations, les propos, les attitudes les informations que vous recevrez de votre environnement ce qui accentuera encore plus cet état; vous ruminerez encore plus en vous rappelant tous les souvenirs du même ordre.

Bref, vous l’avez compris c’est comme cela que s’installe une spirale dont il devient un peu compliqué de sortir.

Décryptage: notre cerveau fonctionne de la manière suivante : sous l’impact d’une émotion, la mémoire devient sélective. Si nous devions donner une couleur à cette émotion, le rouge par exemple, elle va déclencher des schémas de pensées et de souvenir et de perception rouges. A cet instant précis, la représentation interne occulte joyeusement tous les souvenirs bleus, verts ou roses pour se concentrer sur les rouges. C’est le cercle infernal qui peut déboucher sur une crise de l’état interne où vous risquez l’emprise sans contrôle d’un état émotionnel qui vous submergera.

Les décisions et les actes issues de cet état émotionnel peuvent être lourdes de conséquences. Si vous envoyez promener votre patron ou un client important, le prix à payer pour une minute d’égarement peut s’avérer long et douloureux.

Pour contrôler ses états internes (pensées – images-discours intérieurs- et émotions) il est d’abord nécessaire de : faire un stop , s’observer. Comment vous sentez-vous physiquement ? Ecoutez votre corps, comment respirez-vous, y a t-il des tensions particulières, comment vous tenez-vous ( redressez-vous et respirez profondément) ? Imaginez que chaque micro-signe de votre corps est un message, que vous raconte t-il ( soyez créatif et un peu farfelu – l’inconscient aime le farfelu).

Guettez vos pensées (tiens à ce propos:quelles sont vos trois pensés récurrentes en ce moment), vos images internes ; soyez attentifs à ce que vous vous racontez tout bas. Comment vous parlez-vous ? Sur un ton autoritaire, cynique ou triste ? Tous ces indicateurs vous renseignent sur votre humeur.

Maintenant examinons cette humeur qui est en toile de fond, quelle en est la cause ? Creusez ! Ecoutez tous les messages qu’elle vous délivre ! Creusez encore car il est vraisemblable que les premiers messages seront des faux prétextes, le vrai message est enfoui sous un joli « fratras » de raisons liées aux autres, au contexte, à la vie, bref à tout ce qui se ligue contre vous ! Bien souvent, c’est quand vous vous rapprocherez de vous, là où ça fait un peu mal, que vous trouverez le véritable message.

Une fois le message délivré, compris, accepté, examinez quelles actions vous pouvez mettre en place pour sortir de cet état qui vous mine depuis un certain temps.

Quand l’état interne émotionnel devient difficile à gérer

Quand l’état interne émotionnel devient difficile à gérer

Vous connaissez les émotions dites “primaires” peur, joie, colère, tristesse, dégout… primaires parce qu’elles sont facilement identifiables et qu’elles se manifestent bien souvent grâce à des stimulations externes – stimulus – réponse. Exemple: tu me dis quelque chose de vexant – je l’entends – je réagis par une émotion qui peut être la colère ou la tristesse.

Moins connues les émotions dites d’arrières plan – découvertes par Damasio – qui, elles, ont des stimuli internes ( voir paragraphe suivant) et entretiennent des états internes qui peuvent finir par ” une déprime – une dépression – une colère rentrée etc.. 

Ces émotions présentes en permanence sont créées à chaque instant par ” notre discours intérieur”, nos petits” films intérieurs”, les images et les paroles que nous nous repassons, en boucle ( c’est ainsi que fonctionne la pensée), et qui peuvent d’ailleurs remonter de fil en aiguille jusqu’à la cour de récréation. 

La fonction même des émotions primaires ou d’arrières plans est de nous adresser un message qui nous indique que nous avons quelque chose à faire – justement pour que cette émotion cesse et pour que cet état interne retrouve un certain équilibre.

Cependant, nous ne sommes pas toujours prêts intérieurement à affronter le sens de ces messages. 

-” Tu es sur que tu vas bien, je te trouve nerveux(se), distrait(e), irritable?”

- ” oui, tout va bien”

- ” Ah bon”

Pour employer une métaphore, cela commence comme une petite épine dans le pied, puis il y en a deux, puis plusieurs, puis, elles s’infectent et l’écologie personnelle de l’organisme est inquiétée.  Peu à peu vous allez mal dormir, vous prenez un apéro puis 2 puis 3 en sortant du bureau ( pour décompresser), tranquillisants, somnifères ou autres, eh oui on vous le répète à longueur de temps, cette vie est si stressante…  c’est de la faute du stress tout ça !

Alors comment faire? Ne pas se dire ou dire que tout va bien, en parler, se faire aider, demander conseil.. Etre plus courageux un petit peu plus tous les jours, prendre une chose après l’autre, un pas l’un après l’autre. Prendre ses responsabilités, faire face, déméler la pelote, y aller doucement…  

Prendre une nouvelle posture intérieure – au lieu de détourner la tête, de se raconter des histoire, de se dire qu’il n’y a rien – que les causes sont externes ( encore le stress, le boulôt, la vie en ville), que vous n’y pouvez rien et de passer votre chemin – vous effectuez une rotation à 180° et vous repérez les messages, les causes, de la tension intérieure. 

Une fois les causes identifiées, délimitez les zones sur lesquelles vous avez un pouvoir d’action personnel.

Qu’est ce que vous devez faire? Qu’est ce que vous pouvez faire? Où sont vos ressources, d’ou peuvent provenir les aides et les soutiens, quelle est la stratégie, comment pouvez-vous vous sécuriser, sécuriser ceux qui pourraient également être concernées par votre problème? 

Quelles peuvent être les conséquences? Là aussi comment sécuriser au mieux, comment respecter au mieux.

Branchez-vous sur vos valeurs, qu’est ce qui est important pour vous dans la vie? A quoi tenez-vous vraiment? Qu’est ce que cela veut dire sur vous si vous ne faites rien? Si vous faites ça plutôt qu’autre chose?

Prenez de la distance… c’est une expérience de vie … c’est une occasion de grandir … aucun problème ne dure :-)

Bon après ces propos lyriques, cela se résume à:

j’affronte le message, j’affronte la verité la vérité, 1 chose à la fois et step by step et surtout je me fais aider, je ne m’enferme pas seul dans ma problématique – mon mari, ma femme, un ami, une amie, un frère, une soeur, un curé ou un coach :-)  

 

Dirigeants, connaissez-vous le processus de contagion émotionnelle?

Dirigeants, connaissez-vous le processus de contagion émotionnelle?

leadership et émotionsAvez-vous remarqué que l’on utilise souvent cette expression : « le climat de l’entreprise ». Il y a des bons climats et des mauvais climats. Il existe même des climats primés pour leurs cieux cléments où il fait bon vivre et des climats vraiment toxiques où les employés ont tendance à la déprime et où le « turn over » est important.

Alors d’où vient ce « climat »? Eh bien figurez-vous, en grande partie du patron et de son « climat émotionnel » à lui. Selon la maturité de son comportement de communication avec ses collaborateurs, le dirigeant conduit les émotions dans une direction positive ou négative. Notons au passage, que l’individu transmet des signaux par le biais des hormones et que l’ensemble du langage non verbal couvre à lui seul 90% de la communication. Cela veut dire qu’une personne émet en permanence en direction de son entourage. L’entourage est très sensible à l’ensemble de ces signaux et le leader, le chef, de par sa position hiérarchique est bien plus particulièrement observé ; les regards sont tournés vers lui. C’est d’abord son équipe rapprochée qui subira la contagion et cette « soupe émotionnelle » se diffusera dans l’ensemble de l’entreprise.

Puisque nous parlons des atmosphères émotionnelles il est également important de savoir que les émotions négatives, les brutalités comportementales silencieuses ou bruyantes, affectent profondément le travail et détournent les esprits des véritables objectifs de l’entreprise et des taches à accomplir. Les collaborateurs sont alors bien plus préoccupés par les bruits de couloirs, par leur sécurité, par le fait de la jouer « perso », de se faire bien voir du patron etc… Les personnes vivant dans des milieux de stress, de tension, deviennent extrêmement distraits et ont une productivité nettement amoindrie. Il faut savoir également qu’il faut des heures à l’organisme d’une personne pour éliminer les hormones de stress.

Il existe différents profils de dirigeants ; les dirigeants peuvent passer d’un style à un autre en fonction du contexte ; certains profils sont très favorables à la vie de l’entreprise et des performances, d’autres nettement moins. Nous les passerons en revue dans le prochain billet.

Vous êtes carthésien? Aie aie aie…

Vous êtes carthésien? Aie aie aie…

a32ce08fc0ab9c756d039add9d0ce206.gif Vu l’autre soir dans l’émission ce soir ou jamais. Les neurosciences, la neurobiologie.
Vraiment songeuse de voir qu’à l’époque du savoir disponible assez facilement, les croyances anciennes ont la vie dure. Comment dire…

Depuis 10 ans maintenant, nous savons que les émotions jouent un rôle primordial à chaque instant, à chaque seconde de notre existence. Présentes en permanence, telles, un courant puissant irrigant chaque neurones, elles évaluent en permanence les situations. Et oui, c’est leur travail… sinon nous n’existerions plus depuis longtemps… Cependant, chose incroyable, elles sont restées pendant très longtemps dans les coulisses de notre théâtre quotidien ( pour des raisons dont nous pourrons débattre ultérieurement). Fiers ( et il y a de quoi) de notre cerveau pensant tout neuf, le cortex, nous avons voulu ignorer les soubassements de nos précédents cerveaux!

Depuis que les concepts ont fait leur apparitions (entendez par là: le langage, l’écriture et tout ce qui en découle), il n’y en a plus que pour eux :-) et donc le monde s’est divisé en deux. D’un coté les émotions, de l’autre les pensées, le rationnel, la logique. Les émotions caricaturales cantonnées au rôle de la peur, de la colère, du bonheur, de la tristesse, sont perçues comme des “trucs” de fille, des etats internes difficilement maitrisables, qu’il faut donc remiser au placard et ressortir pour les grandes occasions, décès, naissance, mariage etc..
Le reste du temps, nous serions donc livrés au cortex gauche, des êtres déconnectés, ne fonctionnant qu’avec une partie de nos neurones…

Cette façon d’envisager les comportements humains a été remise en cause, notamment par Damasio. Nous savons aujourd’hui que Descartes avait tort. L’homme n’est pas un être soit soumis à des émotions, soit rationnel.. Les cerveaux cohabitent, sont complémentaires, échangent de l’information en permanence.

Bien évidemment, les émotions d’arrière plan, présentes en permanence, influent sur nos raisonnements et surtout sur nos décisions.
Imaginez, vous raisonnez de façon la plus cartésienne qu’il soit, mais sous l’influence d’un courant émotionnel d’arrière plan “rouge”, car “votre amygdale” a enregistré nombre de signaux qui sont en fait des informations dont la plupart n’arrivent pas jusqu’à votre niveau de conscience. C’est justement une autre façon de recevoir des informations… Au final, à la suite de votre raisonnement, une décision prise aura cette coloration rouge.
Si le raisonnement s’effectue sur un courant émotionnel de fond bleu la décision sera teintée par le bleu et elle sera différente.

En fait c’est l’émotion qui fait que vous prenez une décision. L’instant de la décision est une conjonction d’une foultitude d’informations conscientes et inconscientes; mais vous tranchez au moment d’un pic émotionnel. Et finalement c’est normal, car c’est la fonction même de l’émotion.

Ce qui nous dérange ici, c’est le fait même d’avoir à reconnaitre que nous ne contrôlons pas tout le process et qu’a notre insu, certains blocs d’informations dont nous ne sommes pas conscients ont joué un rôle, peut-être déterminant.
C’est un changement de paradigme qui est obligé d’intégrer des notions de confiance et de lâcher prise mais surtout qui lance un signal fort que l’homme doit poursuivre sa démarche de “conscientisation” et être capable de prendre des temps de pause pour s’observer, s’écouter, se décrypter et amener certaines informations jusqu’à son niveau de conscience. Voila le message ancien empreint de sagesse qui remonte une nouvelle fois à la surface: ” Connais-toi, toi-même”

Ci dessous quelques informations plus techniques prises sur le site: le cerveau

“comment des recherches en neuropsychologie montrent que les émotions contribuent à la cognition.

Face à une situation où leur survie est en jeu, tous les êtres vivants, dotés d’un répertoire fourni de comportements sont confrontés à la nécessité de choisir. Les humains représentent le modèle par excellence des êtres soumis à cette règle. Nous sommes en effet, parmi les êtres animés, les plus capables d’avoir une perception fine du monde qui nous entoure et de concevoir de nombreuses réponses différentes aux situations changeantes qui se présentent. Dans la tradition philosophique occidentale, les processus de prise de décision sont rapportes à notre faculté de penser, à notre aptitude à raisonner correctement sur les différentes possibilités d’action qui nous sont offertes. Cependant, les résultats des recherches neurologiques et psychologiques de ces quinze dernières années nous obligent à réviser notre point de vue. Ils nous invitent à revoir la manière dont nous comprenons les mécanismes de la décision et à ouvrir la porte à un acteur inattendu: l’émotion.

Il existe, dans les profondeurs de chaque lobe temporal du cerveau humain, une petite structure appelée “amygdale”. On l’a nommée ainsi car elle a, chez l’homme, à peu près l’aspect et la taille d’une amande (en latin amygdala). On a montré que, chez l’animal, la fonction essentielle de cette structure cérébrale est d’attribuer une signification émotionnelle aux stimulus sensoriels qui lui parviennent du monde extérieur. Lorsque l’amygdale reçoit un ou plusieurs de ces stimulus, elle en fait une rapide évaluation et présente au cerveau une sorte de “rapport” sur ce que l’organisme doit en attendre. L’amygdale évalue le contenu du stimulus comme quelque chose de prometteur et de désirable, dont il convient de s’approcher, ou bien elle le classe comme un objet dangereux qu’il faut fuir. Pour procéder à cette évaluation rapide, l’amygdale fait appel à une information préprogrammée assez rigide, “engrammée” dans les circuits cérébraux de manière innée. Elle dispose aussi de l’information acquise peu à peu, tout au long de la vie de l’individu, dont les traces s’accumulent dans notre cerveau sous forme de souvenirs, conscients ou non.” source – le cerveau