Une idée reçue sur le stress serait qu’il existe des événements plus ou moins stressants.
Cela est en parti vrai quand cette proposition concerne les individus issus d’une même culture qui a dicté un fond de croyances et de valeurs communes. C’est pour cela qu’il existe une échelle d’événements stressants pour les occidentaux, tels la maladie, la mort d’un proche, le divorce, le mariage, etc… En revanche, nous savons que sous d’autres horizons certaines cultures ne considèrent pas la mort comme un facteur de stress.
Cette idée est en partie fausse lorsque l’on comprend que le stress est une affaire de perception.
Ce n’est pas l’événement qui est stressant, c’est la représentation que nous en avons ou si vous préférez, l’idée que nous nous en faisons. Le stress peut surgir à tout moment. En effet, chaque jour nous allons au devant d’un environnement extérieur, au devant de situations, avec lesquels nous allons interagir. Nous sommes tous différents et nous avons tous une façon qui nous est propre de gérer ces situations, de nous adapter à cet environnement quotidien mouvementé.
Si à un moment donné, nous nous rendons compte que nous n’avons pas les ressources nécessaires pour nous adapter à la situation qui se présente, que nous n’avons pas la réponse, que nous ne savons pas gérer cette situation, que nous n’avons pas la possibilité de mettre en action notre pouvoir personnel… c’est la mécanique du stress qui se met en place.
Que se passe-t-il précisément avant cela ?
En fait, devant chaque situation et presque à chaque instant, nous nous posons (inconsciemment) deux questions fondamentales auxquelles nous donnons deux réponses (tout aussi inconscientes) déterminantes pour la suite des événements.
1 – Quelle lecture est ce que je fais de cette situation et représente-t-elle une menace ? La réponse sera faite (toujours inconsciemment) sous la forme d’une évaluation notée de 1 à 5 sur « l’échelle du danger ».
2 – Ai-je les capacités, les potentialités, les ressources nécessaires pour répondre à cette situation ? Là aussi, une lecture concernant la qualité et la quantité de nos ressources sera faite et une réponse, toujours inconsciente, sera apportée sous la forme d’une note sur une échelle de 1 à 5.
Donc, si la première lecture donne une évaluation négative avec un taux de danger élevé de la situation – par exemple 4 sur 5 : danger très élevé – et si la deuxième laisse apparaître un niveau faible de ressources – par exemple 1 sur 5 –, nous obtenons un fossé important entre notre représentation de la situation et l’interprétation de notre capacité à y apporter une réponse satisfaisante.
Notre esprit fonctionne ainsi. Pas une seconde ne s’écoule sans que notre cerveau ne se livre à cet exercice.
Soit il reconnaît la situation et possède les réponses. C’est tout ce qui est du ressort des habitudes, de la routine, d’un métier maîtrisé, d’un savoir-faire. Ce type de situations est majoritaire dans notre existence pour la plupart d’entre nous ( heureusement et c’est ce qui explique aussi la réticence au changement))
Soit il ne reconnaît pas la situation, mais il établit des liens avec des circonstances qui lui sont familières et mise sur un ou deux points forts. C’est la situation de défi, stimulante ou légèrement stressante, mais qui débouche sur des réponses satisfaisantes. Ces circonstances sont moins fréquentes et, selon leur tempérament, certains les recherchent alors que d’autres s’en écartent soigneusement.
Enfin, la situation de stress: celle où l’environnement a été identifié comme incertain, inconnu voire hostile et pour laquelle nous ne percevons pas de réponse à notre niveau.
Les situations sont donc analysées, perçues selon les critères spécifiques à chacun: certains seront enthousiastes devant les perspectives d’un déménagement, d’autres y verront divers sujets d’anxiété, certains sauront tranquillement quoi faire avec un enfant qui pleure, d’autres prendront la fuite, certains seront au chômage et y verront une opportunité pour mettre en place un nouveau projet, d’autres le vivront comme un rejet, une exclusion etc..
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