” L’étendue de nos pensées et de nos actes est limitée par ce que nous ne parvenons pas à remarquer” R.D Laing
Un peu de “Fantasy” en cette période propice à l’imagination.
Projetons-nous, imaginons-nous en citoyen du monde lambda en l’an 1009 ( pour faire compte rond). Ce citoyen vit dans un monde plus étroit que celui d’aujourd’hui. Il pense que la terre s’arrête à la ligne d’horizon, il subit nombre d’éléments naturels qu’il ne comprend pas, il ne sait pas que les ondes existent, il ne connait pas les lois de la physique.. etc..
Ses pensées et ses actions, l’expression de son pouvoir personnel de création sont limités à ce qu’il connait. On parle et on agit sur ce que l’on voit, ce que l’on connait. Donc, notre citoyen de l’an 1009 ne va pas réfléchir ou avoir le moindre début de réflexion sur un sujet “comme: la terre est-elle ronde” Puisque tout simplement, pour lui, cela n’existe pas. Et pourtant, la terre était déjà bien ronde, tout était déjà bien là, présent, en attente…
Nous, citoyens lambda du monde de 2009, sommes très certainement dans la même situation. Nous en savons bien plus, donc nous menons des réflexions et avons un pouvoir d’actions sur beaucoup, beaucoup plus de choses, nous volons dans les airs, nous pouvons voir notre planète du ciel, et notre système solaire et les galaxies.. et nous cogitons, cogitons, nous créons, nous créons. Mais nous serions très certainement surpris par toutes les découvertes et connaissances nouvelles que nous ne soupçonnons même pas, si nous revenions faire un petit tour dans 1000 ans.
Cette évolution entre 1009 et 2009 a pu se faire grâce à des personnes curieuses qui se sont demandées comment les choses fonctionnaient, ont marqué une pause, ont observé le sujet qui les intriguait, voire les passionnait, l’on décortiqué pour le comprendre. Nous parlons là d’une démarche volontaire très proactive et fondamentale qui consiste à prendre la décision de “s’arrêter” sur le sujet au lieu de passer son chemin. C’est une pause, un arrêt sur image, qui pour certains a duré longtemps.. Il est vrai que nous nous interrogeons tous sur le fonctionnement hautement mystérieux de certains phénomènes, mais nous passons notre chemin car nous avons beaucoup à faire et que nous n’allons pas mettre notre vie entre parenthèse, pour réfléchir pendant des années à: “comment la lumière parvient jusqu’à nous et qu’est ce que la lumière”. Heureusement d’autres s’en sont chargés pour nous.
Il est un continent qui est encore très peu connu et sur lequel paradoxalement, nous nous attardons peu.. nous-mêmes. Et je dis bien paradoxalement, car concernés au premier chef nous le sommes, car individualistes, nous le sommes, egocentrés, nous le sommes, et donc il apparait comme étonnant que nous ne soyons pas plus intéressé à partir à la découverte de nous-même.
“La découverte de soi” s’ouvre sur un premier chapitre, sans lequel le livre entier ne peut exister et qui s’appelle:” la conscience de soi”. La conscience, trésor de l’humanité quand on y songe. Avoir cette possibilité de s’auto-observer, de pouvoir commenter ses propres actions, comprendre en “direct” ce qui est en train de se passer et dans le même temps avoir la prise de recul nécessaire pour rectifier et changer la suite, dans la même seconde, de discourir en permanence dans l’intimité de notre être sur tout ce qui se passe…ect..
Maintenant, arrêtez-vous une seconde, faites une pause.. là.. maintenant à quoi pensez-vous? La conscience de soi, c’est l’accès à la pause, à l’arrêt sur image.. qui nous permet de regarder ce qui se passe vraiment, pour découvrir notre monde, pour donner de la consistence à ce que nous sommes, pour faire apparaitre ce que nous ne voyons pas. En effet, notre pensée intérieure va si vite, les images qu’elle crée défilent si rapidement – un peu comme si vous regardiez un film de 1h30 en 1minute – que la majeure partie des informations que notre cerveau charrie en 1 minute, nous n’y avait pas accès. Sauf si à certains moment nous décidons cet acte volontaire de déclencher la pause, de stopper l’image, d’observer ..
C’est à partir de ce moment là que nous commençons à apprendre de nous même, que nous pouvons examiner des pensées ” automatiques” que nous avons sur tout, qui se déclenchent au moindre stimuli interne ou externe, et qui nous influencent de façon subliminale. C’est ici que nous pouvons nous rendre compte que nous sommes en fait, inquiets ou en colère ou que nous sommes en train de créer une vision des choses sur un sujet qui date, n’a jamais été remise en question et qui s’actionne depuis des années de façon automatique. C’est peut-être pour cette même raison que nous sommes finalement toujours un peu en colère, ou toujours un peu triste..
Le stop, la pause, c’est un espace de liberté, une opportunité qui peut nous permettre d’examiner l’articulation de nos pensées, c’est un espace pour essayer de voir un sujet avec un autre point de vue, c’est un espace pour être vraiment attentif à tout ce qui nous entoure vraiment, pour prendre vraiment conscience du contexte dans lequel nous sommes.. c’est un espace ou nous pouvons commencer à avoir le début d’un pouvoir d’action sur des sujets que nous ne connaissions pas, avant.


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