Le fond de commerce des psys? Le mal-être…

Le fond de commerce des psys? Le mal-être…

Quelle est la vocation du psy? Soigner le mal-être.

Les psys finiront-ils par nous persuader que nous vivons mal-être et traumatismes à chaque instant de notre existence et que par conséquent nous avons systématiquement besoin d’eux pour savoir comment mieux vivre?

C’est vrai, c’est un peu mon dada… on peut également penser que prône aussi ici mon fond de commerce à moi… le coaching, le développement personnel, mais tous comme les psys, j’y crois profondément. Donc je suis lucide sur le parti pris que je défends, mets en avant, et j’invite la polémique.

C’est un article dans le monde qui a réactivé ma vigilance sur ces sujets. L’article se nomme: des psys pour salariés stressés. J’accompagne les états de stress bien souvent, j’ai écris un livre sur ce sujet, j’ai vécu le stress jusqu’au « burn out ».. et je sais, que dans le cadre de l’entreprise comme dans de nombreux domaines, les psys ne sont pas les premières ressources à déployer dans ce contexte. En effet de nombreuses mesures ( de bon sens) dans la conception du management d’abord et dans l’organisation du travail, règlent 60% des causes de stress. Ensuite, pour les 39% restant, quatre grands axes sont à explorer au quotidien:

- une bonne hygiène de vie: alimentation, entretien de son corps, activité physique ( 1er cercle de maîtrise):

- puis, conscience de soi, connaissance de soi, de ses besoins, de ses valeurs, de ses émotions( deuxième cercle de maîtrise)

- et ausi l’ organisation personnelle et gestion de l’action ( troisième cercle de maîtrise)

- et enfin, la prise en compte des facteurs communication, relations interpersonnelles ( quatrième cercle de maîtrise).

Le 1% restant est  lié à des événements durs, non prévisibles, traumatisants, pour lesquels les psys seront une réponse car ils apporteront leur capacité à gérer le mal être.

Il est vrai également que lorsqu’en amont, l’organisation dans laquelle vous passez le plus clair de vos journées – par une non prise en compte du facteur humain ( ce qui peut paraître paradoxal mais qui est malheureusement assez fréquent) complique voire pénalise à loisir la vie des personnes et transforme le quotidien en un parcours d’obstacles épuisant, un surmenage, un désespoir amènent la personne à cet état de mal être. Est-ce cela qu’il faut entériner en banalisant la présence des psys dans l’entreprise? Est-ce l’acceptation de la casse et de la voiture à balaie? Ne vaudrait-il mieux pas repenser la cohabitation plus harmonieuse des personnes, des process, des méthodes, de la culture, des valeurs… bref remettre les choses à l’endroit, dans le bon sens?

Au niveau de chacun d’entre nous, nous pouvons également prendre certaines mesures pour  améliorer notre équilibre au quotidien, notre pouvoir sur notre vie, la responsabilité que nous en avons. Toutes choses frappées au coin du bon sens, qui nécessitent d’avoir juste la curiosité de son propre fonctionnement et de comprendre l’intérêt que nous pouvons avoir à progresser, à développer notre maturité, même une fois adulte, à ne pas nous figer dans le marbre, à nous adapter, à être curieux…

Le cerveau de l’homme est un surdoué de l’adaptation, et pourquoi? Parce que l’être humain risque “sa peau” tous les jours depuis son apparition, alors croyez moi, nous sommes beaucoup plus doués pour vivre que nous ne le pensons et nous nous sommes appliqués depuis longtemps à relever des défis de taille, à vivre mieux, à nous développer …

La culture psy en général s’appuie sur l’unique focus des déficiences potentielles ou réelles de l’être humain. Il est important de savoir que plus nous nous concentrons sur des représentations plus notre “génial” cerveau crée et en invente d’autres, c’est un peu comme dans la théorie des nénuphars, l’étang est rempli à vitesse grand V… Les psys pensent en psy et élargissent ainsi naturellement leur “domaines d’extension de lutte”.

La culture psy a envahie la vie quotidienne de tout à chacun (médias). Si elle a eu ses bons cotés en permettant au plus grand nombre de prendre conscience que l’être humain est une entité complexe, si, bien évidemment, elle a toujours ses bons cotés ( quand elle accepte d’évoluer au fil des découvertes sur le cerveau) quand elle est la réponse adaptée, il est déterminant, pour nous tous, de comprendre que son prisme, sa vision du monde, représente une minorité dans le schéma du fonctionnement humain qui est beaucoup plus à l’aise avec la créativité, l’adaptation, le plaisir, la beauté, la motivation, l’envie, le désir, toute chose qui sous-tendent le courant de la création et de l’évolution depuis l’origine et dont notre évolution dépendra.

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