Le talent, c’est quoi?

Le talent, c’est quoi?

J’ai pu remarqué lors des séances de coaching que la plupart des personnes ne savent pas vraiment ce qu’est un talent. Quand je demande: selon vous, quels sont vos talents ? La perplexité s’inscrit sur les visages. Ces notions sont finalement assez floues : qualités, compétences, bon nous voyons à peu près ! Talents ? En fait cette perception est assez normale puisque le propre d’un talent est d’être tellement naturel que nous ne le voyons pas et que nous pensons même que tout le monde fait la même chose que nous tout aussi naturellement. Donc, mettons-nous d’accord sur ce qui se cache derrière le mot talent.

Pour bien comprendre ce qu’est un talent, il est nécessaire d’appréhender un aspect de notre fonctionnement cérébral. Comment se fabrique le talent et pourquoi est-il si naturel, si puissant ? Notre cerveau représente un univers de 100 milliards de neurones. Le neurone est une cellule nerveuse spécialisée dans cinq fonctions. - Recevoir et intégrer des signaux en provenance des neurones voisins ; - Evaluer l’importance de ces signaux ; - Engendrer un influx nerveux ; - Le conduire ; - Le transmettre à un autre neurone capable de le recevoir. Un neurone peut établir une communication vers 10 000 neurones et recevoir des informations de 1000 neurones simultanément. Il s’agit d’une communication hautement sophistiquée. Tout ce que nous pensons et faisons utilise ce matériel neuronal, moyen de communication aux possibilités infinies.

Imaginez, si sur ces cent milliards de neurones nous décidons d’en considérer seulement un minuscule échantillon de 70 000 milles, ils auront un potentiel de connexions possibles de 572millions chez un enfant de huit mois. La densité de ces connexions atteint son maximum à l’âge de deux ans et elle dépasse alors largement les besoins du cerveau. C’est à partir de cet instant qu’une organisation et une stabilisation des connexions va s’opérer. Cela veut dire que nous allons décider de privilégier certains parcours de connexions et d’en laisser tomber d’autres. Celles que nous n’utiliserons pas, seront peu à peu éliminées, celles que nous utiliserons fréquemment se renforceront jusqu’à former des autoroutes neuronales très performantes.

Deux expériences connues à ce jour nous ont permis de constater cette élimination réelle des connexions synaptiques. Une expérience faite en laboratoire sur des chatons a pu mettre en évidence que le fait de maintenir dans le noir l’un des yeux du petit chat pendant la période d’évolution synaptique créait des lésions irréversibles de la connectivité concernant le développement de cet œil. Le petit chat ne verra jamais de cet œil, les connexions propices à cette fonction ont été éliminées.

De même, des expériences menées sur le babillage des enfants ont permis de constater que dans les six premiers mois, le bébé est ouvert à toutes les possibilités de langues et de prononciations de certaines voyelles ou consonnes. Par exemple, les Français prononcent la voyelle i = i alors que les Anglais le prononcent « aie ». Après l’âge de 6 mois, l’enfant n’est plus capable de reconnaître le i s’il ne l’a jamais entendu. On a pu ainsi constater que l’espace cérébral s’organise et se simplifie pour s’accommoder aux langues particulières auxquelles les bébés sont exposées. Ce processus s’amplifie jusqu’à l’âge de 10 ans. Ainsi on a pu constater qu’apprendre une deuxième langue après l’âge de 7 ans devient une tâche beaucoup plus compliquée et en tous les cas beaucoup plus difficile que celle de l’apprentissage de la langue maternelle.

La puberté marque la phase de plateau des connexions synaptiques. Les choix sont faits ; les autoroutes sont installées, les connexions inutilisées sont supprimées, ce qui n’empêche pas les connexions faibles, moyennes ou la possibilité d’installer de nouvelles connexions.

Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que les « connexions autoroutes » se font avec une aisance, une fluidité qui n’utilise pratiquement pas d’énergie chez la personne. Elle y a accès quasi automatiquement. Par contre, plus les connexions sont fragiles ou inexistantes, plus cette personne dépensera de l’énergie pour un résultat plus ou moins satisfaisant.

Et c’est ce qui nous ramène à la notion de talents. D’après Marcus Buckingham, Donald Clifton qui ont beaucoup étudié cette notion de talent , en voici la définition : « Le talent est un mode stable de pensée, de sentiments ou de comportements qui engendre des résultats positifs. » C’est ainsi que d’après une étude portant sur des millions de personnes, ils ont pu mettre en évidence une trentaine de talents récurrents allant de la pensée stratégique à l’empathie en passant par le collectionneur d’informations, le jongleur d’idées, de concepts, le futuriste etc..

Ce qui est important dans cette idée même du talent, c’est qu’à partir du moment où une personne a identifié ses talents, elle peut les transformer en point fort. Ensuite, elle peut se demander ce qu’elle va en faire. Dans quel domaine va t-elle les exercer ? Au service de quoi et en tenant quel rôle ? Cependant, une chose est sûre, c’est qu’en utilisant son talent dans la vie de tous les jours, elle fera avec plaisir quotidiennement ce qu’elle sait faire de mieux. Elle sera dans l’excellence d’elle-même, elle pourra fonctionner de façon fluide, à son meilleur niveau.

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